Le voyage commence par des bulles, lesquelles commençaient déjà à me monter à la tête, et là, dans un moment romantique inoubliable, je fais une tendre déclaration à la Gazelle: "vu la manière dont cela se présente, aucune doute pour moi, on ira, où tu voudras, quand tu voudras". Réponse très nette de la Gazelle: "calme toi Joe Dassin, on est en juillet, ce n'est pas l'été indien" (cela faisait 10 posts que je voulais la placer celle-là).
Tandis que nous sirotions tendrement nos rafraîchissements bien frais, et que l'avion approchait les 20 minutes de retard au décollage, le pilote entame son petit discours de bienvenue, qu'il parfume d'une improvisation et d'une parenthèse inattendue…
Vous connaissez tous le message de bienvenue traditionnel du pilote, mais l'ajout au message traditionnel valait largement le pesant de cacahuètes qui accompagnent un apéritif traditionnel: "Nous vous prions de bien vouloir excuser ce retard, dû à la panne du transporteur de bagage de la compagnie en charge de l'acheminement des valises. Nous décollerons dans 10 minutes, nous essayons de récupérer le maximum de bagages".
Ma première réaction a été de penser que le pilote avait de l'humour, la seconde a été d'espérer que nos valises soient déjà à l'intérieur de l'avion!
Nos ceintures sont attachées, nous sommes prêts pour le départ. Les autres voyageurs aussi (nous n'avions pas privatisé l'avion). En route vers la piste de décollage, pendant que le premier programme vidéo déroule ses images devant nous, ce sont les consignes de sécurité. Le personnel de cabine s'installe sur ses sièges, et la seconde vidéo du jour est diffusée. Luxe suprême, ce n'est pas de la boîte, c'est du direct live! En effet, nous ne devons pas nous tordre le cou pour essayer de voir quelque chose du décollage, celui-ci vous est offert par les caméras embarquées.
Nous visualisons donc la piste, et nous pouvons constater qu'elle est bien vierge de tout aéroplane ou véhicule devant nous, la voie est libre, nous pouvons prendre notre envol !
Nous n'avions jamais eu l'occasion de profiter de cette vue, et je dois dire que j'ai trouvé cela très intéressant.
Après le test des moteurs au point fixe, nous sommes tassés dans le fond de notre fauteuil, par l'accélération due à la poussée des réacteurs. Cela ne me fait pas peur, et me rassure plutôt, sachant qu'il faut que notre aéroplane atteigne rapidement une certaine vitesse pour avoir une chance de quitter le sol.
Nous pouvons suivre la prise de vitesse sur l'écran, et voir la piste défiler de plus en plus rapidement. Au moment où l'avion quitte le sol, la prise de vue bascule sur une autre caméra dirigée vers le sol, que nous voyons s'éloigner.
Durant la montée, nous avons l'occasion de voir le sol défiler et s'éloigner. D'autres voyageurs tentent également de s'éloigner de Paris, mais beaucoup plus lentement. Ce sont les humains migrateurs bloqués dans les embouteillages du Périphérique, que nous pouvons lâchement admirer pendant qu'ils sont à l'arrêt sur plusieurs kilomètres. Nous les dépassons bien vite, pour les laisser derrière nous, avec tous leurs problèmes autoroutiers.
Les immeubles et les routes rétrécissent à vue d'œil, nous continuons à monter, pas en gamme, mais en altitude.
Nous admirons toujours la France profonde, jusqu'à arriver au-dessus des côtes, et commencer la traversée de l'élément aquatique, la mer, l'océan. Ce moment d'une longueur qui deviendrait vite monotone à regarder provoque la coupure de la diffusion vidéo de notre voyage. Nous allons donc devoir nous débrouiller par nous-même, afin que ce voyage ne soit pas empreint d'ennui et de monotonie.
Nous nous sommes bien sûr préalablement équipés de diverses revues et journaux, destinés à prévenir la panne éventuelle des moyens audio-visuels de distraction, et de nos propres vidéos, ainsi qu'ordinateur portable et tablette comme moyen de diffusion.
Alors que je me prépare à explorer ce qui est diffusable par les moyens fournis à bord, voici que l'hôtesse nous propose de passer à un pré-apéritif. N'écoutant que mon courage, et après mûre réflexion, je me décide à franchir le pas, je me décide à rejoindre le monde du luxe et de l'apparence, et je prends deux doigts bien écartés d'un verre au contenu doré, comme le séjour qui nous attend. Je me décide à goûter aux joies du champagne.
Je me lance à la découverte des moyens de divertissement fournis à bord. C'est avec plaisir que je constate que l'offre est intéressante. Le suivi du vol est classique, mais devient vite monotone, je passe donc à la partie films.
Il y a vraiment le choix, des films récents, encore à l'affiche, qui viennent de la quitter, des plus anciens, des vieux (le père noël est une ordure), et des très vieux (jusque Charlie Chaplin).
J'ai porté mon choix sur "la famille bélier", que je ne vous raconterai pas, mais je l'ai apprécié.
Le film à peine fini, l'hôtesse arrive avec le repas de midi. L'estomac sur pattes du Gazou commençait à s'inquiéter, l'intermède tombe à pic !
Vous connaissiez l'économique, avec son repas qui ressemble à une collation, nous y échappons. Diantre, nous sommes en Eco+, et ce plus, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup !
Rien que pour vous faire saliver, voici le menu qui nous est proposé:
- Timbale de homard et noix de Saint-Jacques aux légumes, citron vert
- Poulet sauce moutarde à l'ancienne, pommes de terre rissolées
OU
Risotto aux champignons
- Camembert
- Sachet de pommes et raisins
- Tartelette au citron meringuée
- Café et thé (+ digestif)
- OU -
Le menu que vous aurez précommandé
Il y a aussi les boissons comprises, bière, vins, eaux.
Le seul petit regret que nous ayons à formuler, est qu'il n'y ait pas de menu "enfant", mais comme le nôtre (et pas Lenôtre – le traiteur) n'est pas trop difficile, il s'arrange de ce menu.
Un petit "bibelot" en plastique rouge et blanc, au contenu mystérieux, nous est également donné. Il ne peut pas contenir une serviette, il y en a une avec le repas. Je me réserve la découverte du contenu pour un moment futur.
Des snacks sont disponibles dans l'après-midi avec des limonades, le tout en libre-service, et du café instantané à la demande. Inutile de déranger l'hôtesse, tant que c'est pour du non-alcoolisé. Pratique, et efficace.
Petit retour aux divertissements, côté enfants, notre Gazinou a jeté son dévolu sur des jeux vidéo – des puzzles - parfaitement adapté à son âge. Après 30 minutes, nous nous apercevons qu'il joue au niveau "difficile". Alors que nous le lui faisons remarquer, il nous rétorque tout simplement que le niveau facile, c'est vraiment trop facile.
Tout d'un coup le Gazinou se fait entendre, il ne peut plus jouer, et pour cause, mon voisin de siège, qui est assis devant lui, se détend les bras en s'étirant longuement vers l'arrière, et en accrochant ses mains à l'arrière de son siège. Le seul souci, est que ce monsieur possède de très grandes mains, qui redescendent jusqu'à l'écran du Gazinou, et que quand il tapote des doigts, façon "je joue du piano à l'envers", ses doigts pianotent sur l'écran, et le Gazinou voit son jeu partir dans tous les sens.
Averti par la Gazelle, j'explique rapidement la situation à mon voisin, qui s'excuse gentiment, et est quelque peu gêné. Je le rassure, rapidement, et il reprend l'écoute de son concert en jouant du piano sur ses cuisses, ce qui est nettement moins dérangeant, me direz-vous.
Je parcours également les jeux disponibles, mais n'y trouve personnellement pas mon compte. Je passe donc à la lecture de la presse, pas besoin de vous en parler puisque cela date du mois de juillet et qu'au moment où je vous écris ces mots, septembre est déjà bien avancé.
On a beau dire, mais il n'y a pas à dire, moi c'est ce que je dis, toutes ces activités nous ont déjà amenées au trois quarts du trajet.
Le Gazinou et moi quittons notre siège, pour nous défouler quelque peu les jambes. Le tour du propriétaire est vite fait, du moins pour la partie qui nous est accessible. Nous ne pouvons pas aller voir les business de près, je me contente d'entrebâiller le rideau séparateur des classes, le Gazinou jette un petit coup d'œil, tandis que moi j'en place deux.
La visite non guidée de la classe économique nous a rapidement rassurés sur notre choix. Comme ils disent dans le film "On a retrouvé la 7e compagnie" lorsqu'ils sont dans le camp de prisonniers, côté officiers: "Chef c'est quand même mieux ici que de l'autre côté" (celle-là aussi j'attendais pour la placer).
Côté économique, la disposition des sièges de 3 – 4 – 3, soit 10 sièges, tandis qu'en Eco+ elle est de 2 – 4 – 2, soit 8 passagers par rangée. La différence des sièges parle par elle-même.


Vu que le nombre de place en Eco+ est limité, à l'avenir, nous ne communiquerons nos dates de voyages qu'une fois que nous serons certains de l'attribution de nos places dans cette catégories, nous ne voulons pas nous faire brûler la politesse par des macasiens trop bien avertisJ.
Après cette petite marche initiatrice, nous avons regagné nos fauteuils, laissant à leurs occupants les sièges de la classe précédemment décrite.