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Les hubs du Moyen-Orient, pourquoi sont-ils incontournables ?


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 Le Moyen-Orient abrite des hubs aériens majeurs et trois des compagnies aériennes les plus productives au monde : Émirates Airlines dont le siège est à Dubaï, Etihad Airways, basée à Abu Dhabi, et Qatar Airways, établie à Doha.

Le principal aéroport de Dubaï (DXB) pointe ainsi en deuxième position, derrière Atlanta (États-Unis) au classement mondial des aéroports, selon l'association Airports Council International. Après 95,2 millions de passagers en 2025, l'installation disait en viser 99,5 millions cette année, soit un trafic décuplé en 30 ans.

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Lui aussi en pleine expansion, l'aéroport Hamad de Doha a quant à lui revendiqué 54,3 millions de voyageurs l'année dernière, un trafic comparable à Francfort et Hong Kong. 

Or, ces deux aéroports et ces trois compagnies sont totalement à l'arrêt. Pour le moment, Emirates Airlines, plus grand transporteur international au monde, a annoncé suspendre l'ensemble de ses vols à destination et en provenance de Dubaï jusqu'à 15 h, heure des Émirats (11 h GMT), lundi. Etihad Airways, de son côté, a suspendu tous ses vols à destination et en provenance d'Abu Dhabi jusqu'à 14 h, heure des Émirats (10 h GMT) et Qatar Airways a interrompu toutes ses opérations jusqu'à nouvel ordre. 

Mais en parallèle de ces trois compagnies, plusieurs transporteurs d'autres pays ont également interrompu leurs vols vers le Moyen-Orient. Air France a notamment décidé d'interrompre tous ses liaisons depuis et vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad. La compagnie aérienne Swiss a annoncé suspendre ses vols à destination et en provenance de Dubaï jusqu'au mercredi 4 mars inclus. Les vols à destination et en provenance de Tel-Aviv resteront suspendus jusqu'au dimanche 8 mars inclus, a-t-elle ajouté.

Le groupe allemand Lufthansa, le plus grand au niveau européen, a supprimé ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran jusqu'au samedi 7 mars pour l'instant. La compagnie finlandaise Finnair a, elle, suspendu ses vols vers Dubaï et Doha jusqu'à vendredi.

Même décision pour la compagnie à bas coût hongroise Wizz Air qui a suspendu "tous les vols à destination et en provenance d'Israël, de Dubaï, d'Abu Dhabi et d'Amman jusqu'au 7 mars inclus".

Si le Moyen-Orient et ses compagnies ont connu des perturbations par le passé, une fermeture aussi prolongée des espaces aériens — plus de 24 heures — et la mise à l'arrêt simultanée des trois grands hubs de transit du Golfe sont sans précédent, selon divers analystes.

Le défi logistique d'un trajet alternatif

Pour faire face à la situation et débloquer le trafic aérien mondial, les compagnies aériennes tentent de s'organiser pour modifier leurs itinéraires et contourner les espaces aériens fermés. L'objectif est maintenant de mettre en place des "ponts aériens" via des hubs alternatifs comme Istanbul, confirme Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du Tour Operating (Seto). 

Un défi de taille, selon les analystes, alors que les routes aériennes au-dessus de l'Iran et de l'Irak avaient gagné en importance depuis le début de la guerre en Ukraine.

"Les fermetures dans le Moyen-Orient vont obliger les compagnies à emprunter des couloirs de plus en plus étroits", souligne Ian Petchenik, directeur de la communication de Flightradar24 auprès de Reuters. Sans compter, selon l'expert, qu'à cela s'ajoutent des risques à survoler la zone entre le Pakistan et l'Afghanistan, aussi en pleine période d'affrontements. 

Mais pour Emirates Airlines, Etihad Airways et Qatar Airways, la pause forcée risque de se prolonger. "Ces compagnies ont construit leur activité sur le modèle du hub and spoke (hub et rayons)", explique dans le média The Conversation Natasha Heap, spécialiste de l'aviation civile à l'université de Southern Queensland, en Australie. "Elles acheminent tous les passagers vers leur hub avant de les transporter vers leurs destinations finales. Avec la fermeture de l'espace aérien, ces compagnies ne peuvent donc ni faire entrer ni sortir les passagers."

Or, "il leur est pratiquement impossible de déplacer, même temporairement, leur base d'opérations vers un autre pays", poursuit-elle. "Emirates dispose par exemple d'une flotte de 261 avions de passagers en service. Trouver simplement un endroit pour garer tous ces appareils représenterait déjà un défi considérable."

Sans compter qu'"au-delà des appareils, les compagnies aériennes ont besoin de grandes équipes de pilotes et de personnel de cabine, d'importantes opérations de restauration, de nettoyage, de ravitaillement en carburant et de maintenance. Et tous ces systèmes sont hautement intégrés et propres à leur localisation. Il est donc extrêmement difficile de gérer leur délocalisation ou leur reproduction dans un autre pays dans un délai très court."

https://www.france24.com/fr/éco-tech/20260302-des-milliers-de-vols-annulés-la-guerre-au-moyen-orient-paralyse-l-espace-aérien-mondial

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