Lettre ouverte a HGE
60 ans déjà que le Club émerveille et crée des souvenirs inoubliables. Car là est bien sa force. Alors que les chaînes hôtelières traditionnelles s’efforcent de créer une connexion avec leurs clientèle via des programmes de fidélisations, le Club a réussit sans un support marketing onéreux et un système de point qui avouons le, ne fidélise pas tant que ça, a enchanter une clientèle dont certains viennent au club depuis ses débuts.
Tout devrait marcher pour le mieux. Et pourtant. Récessions, compétition, changement du style de vie, évolution des mœurs, tout cela a contribuer à un déclin des profits pour ce produit unique il y a un temps. Un grand coup de balai, et un nouveau pdg prend les reines… sans succès. Un autre rentre dans la partie et là, c’est bel et bien la dégringolade.
Certes l’évolution et le passage du temps veut que le produit lui-même évolue. Quel produit peut se vanter de subsister sur sa recette originale ? Mais il y a une grande différence entre faire des changements afin d’améliorer la recette et lui insuffler la fraîcheur qui lui manque, et tuer le produit pour en faire un autre qui n’aura de commun avec l’original que le nom.
Je me permets de vous écrire aujourd’hui car je vois un produit, non une expérience, qui se meurt petit à petit. Je ne plaide pas pour le retour au Club d’il y a 10 ans. Mais je vous écris pour vous supplier d’arrêter le massacre.
J’ai 30 ans, titulaire d’un MBA de Cornell University, travaille dans le tourisme depuis 12 ans, ai travaillé pour de grandes chaînes de luxe comme Hyatt ou Starwood et ai grandit et vécu entre l’Asie, l’Europe et les Etats-Unis avant de m’établir a Dubai ou je vis actuellement avec mon mari. Je gagne très bien ma vie, adore voyager et bien que venant de l’industrie du luxe, je préfère encore un séjour au Club Med™ qu’au Four Seasons. Ce n’est bien entendu pas une question de prix. Non. C’est une question encore une fois d’expérience.
Quand je vais au 5* Nusa Dua Resort & Spa à Bali, la chambre est immaculée, la restauration impeccable, la vue sublime, j’entre dans un autre monde… et je m’ennuie a mourir.
Quand je vais au Club Med™, la chambre fait la taille de ma salle de bains chez moi, je dois me lever pour remplir mon assiette, je dois partager ma table avec 6 autres personnes qui me tutoient d’office, si j’ai soif, je dois me lever de mon transat, ma chambre est toujours loin et pas toujours très propre, et je dois transporter ma valise à ma chambre moi-même. Et pourtant… Cela me permet d’essayer des sports auxquels je n’ai pas forcement accès chez moi (trapèze volant), je rencontre des gens de toutes origines qui deviennent des amies de longue date, je me sens emportée par l’ambiance unique et je rentre fatiguée, bronzée, et pleine de souvenirs.
Je ne vais pas au club pour un écran plat, une large salle de bain avec baignoire et bidet, un sommelier qui me propose un grand cru, du personnel qui ne m’importune pas… Toutefois il semblerait que vous pensiez que c’est ce dont j’ai besoin. Vous semblez penser que mes collègues (qui eux aiment les Aman resorts), vont soudain se réveiller et réaliser que le Club est fait pour eux. Ce n’est pas le cas.
Cher Club Med™, vous ne savez pas faire du luxe et c’est très bien comme ça. Ce n’est pas votre profession ou votre mission. De plus quand on veut faire de l’hôtellerie de luxe, on embauche… des hôteliers.
Je ne veux pas cesser d’aller dans vos villages et d’avoir le plaisir de les faire découvrir à mon mari et mes futurs enfants. Mais vous me donner de moins en moins le choix. Car au fond a prix égal je préfère aller dans un véritable hôtel de luxe plutôt que dans un Club qui me facture le même prix pour une fraction des prestations.
Cessez de démolir ce produit et entrez en contact avec vos clients. Demandez leur ce qui importe et ce qui ne compte pas, coupez les coûts intelligemment. Car bien malheureusement si vous continuez sur cette pente bien raide, qui voudra aller dans vos villages ? Ni la clientèle de luxe, ni le client une fois fidèle qui ne reconnaît plus le Club.