Développement tout schuss du Club Méditerranée en montagne (Les Echos du 09/06/2015)
Fort d’une dizaine de projets, le Club compte ouvrir un village à la montagne par an à partir de 2016-2017.
Le Club Méditerranée confirme sa volonté de conforter sa position de « leader mondial » des vacances à la montagne. Totalement concentré sur la mise en œuvre de sa stratégie depuis la fin de la bataille boursière dont il a fait l’objet et sa prise de contrôle – effective en février – par le conglomérat chinois Fosun, l’exploitant de villages de vacances est même en phase d’« accélération du rythme » pour reprendre l’expression de son PDG, Henri Giscard d’Estaing. Le Club Med, qui réalise 20% de son chiffre d’affaires avec 21 villages de montagne – dont 14 en France –, mène en effet de front « une dizaine » de projets dans le monde, et notamment dans les Alpes françaises, indique ce dernier aux « Echos ». « Nous comptons ouvrir un village à la montagne par an à partir de 2017 », résume Henri Giscard d’Estaing. De fait, le premier d’entre eux ouvrira en Chine en décembre 2016, à Beidahu dans la province de Jilin, ce qui en fera le deuxième complexe de ski du Club Méditerranée sur ce marché éminemment stratégique après celui de Yabuli, exploité depuis la fin 2010 (c’est aussi la première unité ouverte par le Club en Chine). En Asie toujours, un deuxième village dédié au ski est à l’étude au Japon, de concert avec Fosun.
Au Québec et dans le Colorado
Le Club Med est également actif en Amérique : non seulement, il travaille déjà activement sur un projet de village au Québec – au
Massif de Charlevoix – mais il planche aussi sur son retour dans les montagnes des Etats-Unis. Dans les années 2000, alors en pleine restructuration, le groupe avait fermé ses deux villages de ski du Colorado. Il envisage également des développements en Europe (5 villages aujourd’hui hors France, dont 3 en Suisse et 2 en Italie). Une réflexion est ainsi encours à propos de l’Autriche, sachant que le Club veut renforcer son bastion des Alpes françaises. Outre le projet de village déjà annoncé de Samoëns-Morillon, avec une ouverture en 2017 ou 2018, un autre programme est examiné du côté de Morzine-Avoriaz. De plus, la société participe à un appel d’offres sur les Arcs 1600 avec une décision attendue dans l’année. Des extensions sont par ailleurs programmées à Tignes-Val Claret et à l’Alpe-d’Huez.
Offensif sur un marché qui reste mondialement porteur, d’autant que de nouvelles clientèles – les Chinois par exemple – émergent,
Henri Giscard d’Estaing n’en considère pas moins la nécessité de stimuler davantage la relance de la filière alpine tricolore
et sa clientèle domestique. « Il y a un défi collectif qui peut remettre en cause le développement de la montagne », estime-t-il.
« Tous les grands acteurs doivent s’engager », ajoute-t-il, avant d’appeler à une « politique commerciale active ». A ce titre, Henri Giscard d’Estaing souligne l’incidence du coût des remontées mécaniques, qui ont crû, précise-t-il, de 25 à 29 % depuis 2010. Une
augmentation quine s’explique pas que par la seule hausse de la TVA, portée à 10 %. Un message à peine déguisé à l’adresse de la
Compagnie des Alpes.