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On reparle d'introduction en Bourse


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  • Gentil Contributeur
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INFO LE FIGARO - Le nouveau PDG du groupe annonce un projet majeur. Ce serait un virage stratégique et financier pour le propriétaire chinois Fosun, aux prises avec un endettement important.

Neuf mois après avoir nommé un nouveau PDG à la tête du Club Med, le groupe chinois Fosun, son propriétaire depuis plus d’une décennie, pourrait bientôt le coter en Bourse. Ce serait un virage stratégique et financier majeur pour le conglomérat, aux prises avec un endettement important. «À ce stade, nous n’avons aucun projet d’introduction en Bourse de Club Med», assurait en effet Fosun Tourism Group, le 12 juin dernier. Henri Giscard d’Estaing, alors PDG du géant français des clubs de vacances haut de gamme, venait de dévoiler au Figaro son projet : coter le Club Med à la Bourse de Paris dès le premier semestre 2026. En conflit depuis des mois avec son actionnaire chinois tant sur l’évolution de la gouvernance que sur son plan de retour en Bourse, le patron historique du Club Med, artisan de sa montée en gamme réussie, avait fini par claquer la porte mi-juillet.

Selon son successeur, Stéphane Maquaire, le retour en Bourse du Club Med redevient un projet examiné très sérieusement à Shanghaï, au siège de Fosun. «Une cotation du Club pourrait intervenir fin 2026 ou en 2027, révèle au Figaro Stéphane Maquaire. Cela reste néanmoins une décision d’actionnaire.» Cette opération cumulerait plusieurs avantages: permettre à Fosun de récupérer du cash et donner une nouvelle exposition au Club Med.«J’ai déjà géré une société cotée, rappelle Stéphane Maquaire. C’était le cas pour Carrefour Brésil. Être coté en Bourse est un levier de visibilité et d’attractivité supplémentaires pour une entreprise.» Rien ne garantit que le retour en Bourse du Club Med se fasse à Paris, où la société a son siège. Selon nos informations, plusieurs options sont encore à l’étude: Paris, mais aussi Amsterdam et Hongkong. En revanche, l’option d’une cotation à Shanghai n’est pas sur la table.

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Très endetté, Fosun avait tenté en 2024 de trouver un investisseur minoritaire pour son joyau. Sans succès. Le conglomérat chinois a toujours besoin de restaurer ses fonds propres. Le Club Med, lui, n’a pas besoin de lever d’argent : les nombreux partenaires locaux engagés à ses côtés sont capables d’investir des dizaines de millions d’euros dans la construction d’un village, comme la Caisse des dépôts en France. Ils restent aux avants postes pour soutenir une stratégie de croissance ambitieuse. «Le groupe pourrait être valorisé à près de 2 milliards d’euros. En imaginant que Fosun cède 30 % à 40 % de sa participation, le flottant sera suffisant, expliquait Henri Giscard d’Estaing l’été dernier. À court terme, l’entreprise n’a pas de besoins financiers, car ses développements sont financés par des investisseurs externes». 

Début 2024, le PDG de l’époque avait ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire du Club. L’objectif de son plan, «Forever Young», est de doubler de taille. Si Stéphane Maquaire doit imposer son style, le cap était déjà donné à son arrivée. Il n’a pas changé. «D’ici 2035, nous avons pour objectif d’atteindre 100 villages à travers le monde (contre 61 actuellement, NDLR), en triplant notre rythme de croissance actuel, précise-t-il. Pour cela, nous continuerons de fortifier notre position de leader à la montagne, en augmentant notre capacité dans certaines destinations clés, comme les Alpes et le Japon, tout en explorant des nouveaux territoires pour élargir notre clientèle, particulièrement en Amérique du Nord avec des développements dans les Rocheuses. »Parallèlement, le Club promet d’accélérer sur les destinations balnéaires : la Méditerranée, le Sud-Est asiatique et les Caraïbes.

Au pas de course, Stéphane Maquaire a adopté les codes de sa nouvelle maison, leader mondial des vacances haut de gamme tout compris avec 61 villages et plus de 28 000 employés. Les «crazy signs» n’ont plus de secret pour lui ; il a rajouté quelques tenues à sa garde-robe, pour les soirées à thème (blanche, élégante, plage...). «Ça n’est pas parce que je suis le patron que je ne peux pas être en short et perdre un match de padel contre les équipes», sourit le GO en chef.

Concurrence des géants hôteliers Accor, Hyatt et Marriott

Stéphane Maquaire passe désormais une partie de sa vie dans les avions. «Une semaine sur deux, je suis sur le terrain, dans nos villages et nos bureaux commerciaux, avec les équipes», témoigne le dirigeant. La semaine dernière, il était au Brésil, où deux nouveaux villages doivent ouvrir en 2027 et 2029. Lundi, en sortant de l’avion, il est passé à l’agence Club Med des Champs-Élysées, à l’occasion de l’ouverture des réservations de l’hiver 2026-2027 en exclusivité pour les clients fidèles. Grand sportif (il fait du triathlon), parlant français, anglais, allemand, espagnol et portugais, l’ex-patron de Monoprix, Vivarte et Carrefour Brésil (il y a habité entre 2021 et 2025) a déjà visité 24 villages depuis son arrivée. Il ira au Japon en avril et en Afrique du Sud en juillet, pour l’inauguration d’un tout nouveau Club Med dans le pays. Il est déjà allé trois fois en Chine, deux fois notamment pour rencontrer les dirigeants de Fosun, une autre avec une délégation de chefs d’entreprise, lors du dernier déplacement officiel d’Emmanuel Macron dans le pays.

Si Stéphane Maquaire doit aller vite, c’est que la concurrence dans les vacances haut de gamme «tout compris» se développe à marche forcée. Les géants de l’hôtellerie, d’Accor à Hyatt en passant par Marriott, investissent tous le créneau. Le Club, malgré des résultats records, ne peut pas se permettre de les laisser gagner des parts de marché. En 2024, son volume d’affaires s’était élevé à 2,1 milliards d’euros, en hausse de 7% à taux de change constant par rapport à 2023. Les villages avaient accueilli 1,5 million de «GM» (les «gentils membres», ses clients), dont 75% internationaux. Si les Français restent les plus nombreux, les Brésiliens sont désormais la deuxième nationalité de clients, devant les Américains. Les Chinois sont eux en septième position, devant les Australiens.

 

 

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